Juste mise en lumière, Letizia Battaglia est célébrée cette année aux Rencontres Photographiques d’Arles avec une importante
exposition. Dans le cadre de PhotoSaintGermain, la galerie Berthet-Aittouarès a choisi de présenter les photographies de Battaglia et Zecchin, un couple de photographes reporters, qui ont couvert les années 80, années sombres de la Sicile, sous l’emprise de cosa nostra.
Née à Palerme, Letizia Battaglia (1935-2022) est l’une des premières femmes photojournalistes à s’imposer à l’égal de ses confrères. Femme d’exception, passionnée, engagée, animée par un idéal de justice et de démocratie, elle a combattu la mafia, choisissant pour arme son appareil photo. En 1975, elle rencontre Franco Zecchin et c’est en couple qu’ils travaillent à partir de cette date pour la presse nationale (notamment pour L’Ora) et internationale à qui ils livrent leur regard sur la société palermitaine ravagée par les meurtres et règlements de compte mafieux. La Sicile vit alors au rythme d’une violence sanguinaire causée par cette « deuxième guerre de la Mafia » (1981-1992), jugement des 100 mafieux et de la vendeta qui cause la mort des juges Falcone et Borselino. La quarantaine de photographies noir et blanc présentées sont des vintages de 1970 à 1990. Battaglia et Zecchin portent chacun leur regard propre sur leur époque et c’est cette réciprocité du regard qui
se manifeste dans l’exposition.
Galerie Berthet-Aittouarès
Depuis l’ouverture de la galerie, en 1986, Michèle Aittouarès et Odile Aittouarès‑Inzerillo font les choix qu’elles feraient pour leurs collections personnelles et confrontent peintures, dessins, sculptures, photographies ou vidéos…