Gaston Paris (1903‑1964) est une figure singulière de la photographie française du XXe siècle, dont l’œuvre témoigne d’un regard décalé sur les sujets qu’il aborde tout au long de sa carrière. Journaliste de formation, il fait ses débuts dans les années 1930 en collaborant avec de nombreux titres de presse illustrée, tels que Vu, dont il est l’unique photographe salarié, Regards ou encore Art et médecine. Il est également membre du Rectangle, une association de photographes illustrateurs et publicitaires français, aux côtés d’Emmanuel Sougez et Pierre Jahan.
Photographe éclectique passant du reportage (le paquebot Normandie, la soufflerie d’avions à Meudon, un atelier ferroviaire ou les chantiers en construction) à la composition très graphique de paysages urbains et industriels (la Tour Eiffel, les coulisses
de l’Opéra Garnier), il capte les regards, les gestes, les ambiances avec une précision qui évoque parfois le cinéma. Peu importe le sujet, son cadre carré est rempli à la perfection, toujours avec élégance.
Moins connu que certains de ses contemporains, Gaston Paris n’en reste pas moins un témoin essentiel de l’entre‑deux‑guerres et de l’après‑guerre, offrant une chronique visuelle d’une époque en mutation.
Après sa mort en 1964, l’Agence Roger‑Viollet rachète sa production (15.000 négatifs) aussi variée que cohérente. Aujourd’hui, ses photographies sont conservées par la Bibliothèque Historique de la Ville de Paris et diffusées par l’Agence Roger‑Viollet.
Après une exposition à la galerie Roger‑Viollet et au centre Pompidou en 2022, la Galerie Roger‑Viollet explore de nouveau le travail de Gaston Paris en présentant cinquante‑huit tirages modernes.
Galerie Roger‑Viollet
Depuis 1938, Hélène Roger‑Viollet et son mari ont constitué un fonds unique de plus de 6 millions de photographies, conservées aujourd’hui à la BHVP. Créée en 2020, la Galerie Roger‑Viollet est le passage obligé des amateurs de photographie, où les expositions mettent en avant l’originalité de ses photographes tels que Gaston Paris, Boris Lipnitzki, Laure Albin Guillot et bien sûr Hélène Roger‑Viollet.