DATES
Vernissage le jeudi 13 novembre, de 18h à 21h
du 14 au 16 novembre, de 14h à 19h
Room Service N°4
Prenant pour point de départ une réflexion sur les différentes pratiques de la création photographique contemporaine d’une part, et le lieu mythique que représente l’hôtel La Louisiane d’autre part, PhotoSaintGermain propose depuis 3 ans à une sélection d’artistes d’investir une chambre d’hôtel pendant quatre jours.
En écho à l’histoire de l’hôtel La Louisiane et à ce qui s’y vit, la thématique de l’exposition de cette année propose d’explorer le jetlag, ou le décalage – physique, mental, culturel – comme espace de création.
Les artistes ont été sélectionnés suite à un appel à projet.
Chambre 31 Rue Désirée Chevalier Claire Cocano
Rue Désiré Chevalier nous transporte dans un appartement, celui dans lequel mes grands-parents yougoslaves se sont installés en arrivant en France dans les années soixante. C’est dans ce même appartement qu’ils assistèrent, quarante plus tard, à la dissolution de leur pays natal. Les souvenirs s’entremêlent comme les broderies que ma grand-mère passait des heures à tisser. À travers mes propres images, des photographies de famille, d’extraits de journaux intimes, de lettres et de cartes d’identité, je réinterprète mon lien à ce pays disparu, créant un récit entre le passé et le présent, le pays d'origine et le pays d'adoption.
Chambre 32 Paparazzi Mazaccio & Drowilal
Entre 2012 et 2021, nous avons réalisé une série de 29 photomontages dans lesquels nous proposions une typologie de comportements et d’activités de stars en détournant des images de célébrités prises par des paparazzi.
En écho à la thématique Jetlag, nous avons fait une sélection de collages récents de cette série, avec une attention particulière portée aux images mettant en scène des situations et des comportements marginaux, des non-lieux standardisés, une perception altérée et des décors oniriques ou apocalyptiques.
Chambre 33 Pays sans sommeil Adrienne Surprenant
Pays sans sommeil est un projet photographique mené en République centrafricaine de 2017 à 2021, sur les rêves et le traumatisme en contexte de guerre. En interrogeant des populations victimes du conflit sur leur sommeil, la photographe questionne la question du traumatisme sur les populations via les rêves, les cauchemars et les insomnies les impacts. Témoignages, photographies et récits oniriques composent un récit sensible d’un pays hanté par la violence.
Chambre 34 Night Flight Sakiko Nomura
Sakiko Nomura explore l’intimité de ses modèles dans des chambres dépouillées, où la nudité des lieux répond à celle des corps. Ses images se construisent dans l’ambiguïté des ombres et des lumières, là où se confondent chien et loup, masculin et féminin, jour et nuit. Dans cette obscurité incertaine surgit l’intensité d’un instant suspendu. Est-ce l’éclair d’une seconde, la durée d’un silence, ou le calme avant la tempête ? C’est peut-être tout cela à la fois — ou rien…
Chambre 35 Vertikale stadt – Ein zukünftiger film Katja Stuke & Oliver Sieber
« Si vous voulez faire un long-métrage, vous avez besoin d’idées pour 70 scènes. »
Suivant ce conseil de David Lynch, les artistes développent leurs nouveaux projets, oscillant entre photographie et cinéma. Le scénario de La Ville Verticale vous emmène de Paris à la Ruhr, en passant par Chongqing, jusqu’au Japon, avant de revenir en Europe. Les scripts prennent leur source sur la ligne 14 du métro : à partir de rencontres dans et autour des stations. Chaque scène explore le thème du départ, ainsi que les différentes strates urbaines, narratives et photographiques.
Chambre 36 Meta - Meta Ian Cheibub
Commissariat : Emmanuelle Halkin
S’inspirant de la théorie du Tempo Espiralar développée par Leda Maria Martins, philosophe brésilienne. Meta - Meta s'inscrit dans une temporalité en spirale, en opposition à la linéarité historique occidentale, où les mémoires diasporiques circulent et se réinventent au fil des gestes et des récits.
La chambre 36 propose une expérience sensorielle entre sons rituels d’Umbanda, voilages et projections. L’installation explore une mémoire afro-brésilienne vivante, où la transe ouvre un passage entre mondes visibles et invisibles, réinventant le lien entre passé, présent et forces spirituelles.
Chambre 37 Black-out Mathis Benestebe
Black-out est le résultat d’une enquête personnelle de deux ans autour de mon expérience de l’amnésie dissociative. Perte de mémoire autobiographique provoquée par un stress intense, ce mécanisme de protection est caractérisé par une déconnexion entre l’amygdale et l’hippocampe lors d’un événement traumatique.
À la manière d’une recherche dans un grenier interdit, je tente de parvenir à ces souvenirs inaccessibles. Le récit évolue autour de la quête obsessionnelle de débloquer cette mémoire enfouie dans l’inconscient
Chambre 38 Telepoetics Patricia Morosan
TELEPOETICS – Pratiques de l'intimité à distance est un projet hybride qui expérimente la communication au-delà de la présence physique. Initié par Patricia Morosan et mené en collaboration avec Bianca Oana, ce projet explore les notions de transmission et de réception de pensées, d'idées et d'images. Au cours de 28 séances de télépathie réparties sur un an, Patricia Morosan et Bianca Oana se relaient pour transmettre et recevoir, à chaque fois à partir d'une photographie. Elles créent une correspondance visuelle poétique qui explore la négociation de la distance – non pas pour la surmonter, mais pour l'habiter et la parcourir.
Chambre 40 Le hameau Nina Medioni
« Le Hameau » est un projet en cours centré sur le camp de vacances du Hameau de la Baume, à la Roque d’Anthéron, petite commune des Bouches-Du-Rhône. Ses bungalows sont les anciens baraquements d’un des derniers hameau de forestage : ancien camp de travail ayant réuni des dizaines de familles d’harkis après la guerre d’Algérie et jusque dans les années 70.
Au lieu de photographier les traces de son histoire, je suis venue documenter celles de l'effacement, cette mécanique répétitive, où une famille de vacanciers succède à une autre, où chaque chose semble familière mais devient remplaçable et rapidement oubliée.
Hôtel La Louisiane
C’est dans un écrin de tous les chaos, libertés, bavardages insensés et pourtant précieux que l’Hôtel La Louisiane a construit son identité ; au 60 rue de Seine en plein cœur de Saint‑Germain‑des‑Prés. Depuis Rimbaud et Verlaine, les artistes, créateurs et voyageurs en quête d’étonnements s’installent le temps d’un bref séjour, d’une résidence — parmi ceux qui y ont vécu : Jean‑Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Juliette Gréco, Lucian Freud, Albertine Sarrazin, Syd Barret, Keith Haring, Quentin Tarantino et d’autres contemporains à qui l’Hôtel La Louisiane doit la discrétion.