Peintre amateure et épouse de l’artiste Ernest Hébert, deux fois directeur de l’Académie de France à Rome, Gabrielle Hébert (1853-1934) démarre la photographie de manière intensive et exaltée à la Villa Médicis en 1888. À l’instar des artistes et écrivains comme Henri Rivière, Maurice Denis ou Émile Zola qui s’emparent à la fin du XIXe siècle d’un boitier photographique pour enregistrer le quotidien familial, Gabrielle développe une pratique privée et sentimentale du medium favorisée par la révolution technique et esthétique de l’instantané. Elle cessera brutalement vingt ans plus tard à La Tronche, à la mort de l’homme qu’elle idolâtrait, son aîné de près de quarante ans, et dont elle a en grande partie assuré la postérité en favorisant la création de deux musées monographiques, l’un à La Tronche (1934) et l’autre à Paris (1978).
À la Villa Médicis, Première Dame d’une institution culturelle prestigieuse, Gabrielle organise les réceptions et reçoit le gotha en visite. Mais elle échappe vite aux assignations : lors de l’été 1888, elle acquiert un appareil photographique, prend des leçons auprès d’un professionnel romain, et installe, en compagnie du peintre pensionnaire Alexis Axilette, une chambre noire pour développer ses négatifs sur verre, tirer et retoucher ses épreuves. C’est le début d’une imposante production de près de deux mille clichés. « Je photo », « Je photographie » : pas un jour sans consigner dans son agenda qu’elle réalise des prises de vue.
Conçue en partenariat avec le musée Hébert de La Tronche (Isère) où elle sera reçue au printemps 2026, l’exposition sera aussi présentée à l’Académie de France à Rome – Villa Médicis au printemps 2027 où Marie Robert, commissaire de l’exposition, a été accueillie dans le cadre d’une résidence croisée Villa Médicis/ musée d’Orsay, pour une recherche d’un an en histoire de la photographie.
Musée d'Orsay
Situé en plein cœur de Paris dans l’ancienne gare d’Orsay, le musée d’Orsay possède la plus grande collection impressionniste et post‑impressionniste au monde. Reflet de la création artistique occidentale de 1848 à 1914, ses collections témoignent de toutes les formes d’expression, de la peinture à l’architecture, en passant par la sculpture, les arts décoratifs et la photographie. Les artistes les plus célèbres s’y côtoient : Monet, Degas, Manet, Van Gogh ou encore Bonheur, Cassat, ainsi que des photographes comme Nadar, Cameron, Le Gray et Hawarden.